Depuis le 1er janvier 2026, les allègements de cotisations patronales sur les bas salaires ne fonctionnent plus comme avant. Trois dispositifs — la réduction générale, le bandeau maladie et le bandeau allocations familiales — ont été fusionnés en un seul : la réduction générale dégressive unique, ou RGDU. Le calcul change, et surtout le point de sortie passe de 1,6 à 3 SMIC.
Ce qui disparaît, ce qui reste
Le bandeau maladie, qui abaissait de 7 points la cotisation patronale d’assurance maladie jusqu’à 2,25 SMIC, est supprimé. Le bandeau allocations familiales, qui la réduisait de 3,45 points jusqu’à 3,3 SMIC, aussi. L’ancienne réduction générale, calculée avec un paramètre T et éteinte à 1,6 SMIC, est remplacée.
À la place, un coefficient unique :
Coefficient = Tmin + Tdelta × [ 0,5 × (3 × SMIC / rémunération − 1) ] ^ 1,75
avec Tmin = 0,0200, et Tdelta de 0,3781 pour les entreprises de moins de 50 salariés, 0,3821 au-delà. Le coefficient maximal atteint ainsi 39,81 % du brut dans une petite entreprise, 40,21 % dans une grande.
Deux points de bascule à retenir
| Avant 2026 | Depuis le 1er janvier 2026 | |
|---|---|---|
| Point de sortie | 1,6 SMIC | 3 SMIC |
| Coefficient maximal (< 50 salariés) | environ 31,94 % | 39,81 % |
| Bandeaux maladie et allocations familiales | en vigueur | supprimés |
Le seuil de sortie est le changement le plus visible. Avec un SMIC de référence de 1 823,03 € par mois, la réduction s’éteignait auparavant vers 2 917 € de brut mensuel ; elle court désormais jusqu’à 5 469,09 €. Beaucoup de postes qui ne bénéficiaient plus d’aucun allègement en 2025 en retrouvent un, même modeste.
Le SMIC de référence est gelé au 1er janvier
C’est le piège de calendrier. Le SMIC retenu pour la RGDU 2026 est celui du 1er janvier 2026 — 12,02 € de l’heure, 1 823,03 € par mois — et il reste figé toute l’année. La revalorisation du 1er juin 2026, qui a porté le SMIC à 12,31 € de l’heure, ne s’y substitue pas. Une tolérance existe pour les contrats se terminant entre le 1er et le 30 juin 2026.
Ce que ça change sur un bulletin
Rien du côté salarié : la RGDU est un allègement patronal, elle ne modifie ni le net à payer ni le net imposable. En revanche elle change le coût réel d’un poste, donc la marge de négociation d’une embauche ou d’une augmentation.
Exemple pour un non-cadre à 2 500 € brut par mois, dans une entreprise de moins de 50 salariés : le coefficient s’établit autour de 17 %, ce qui retire près de 430 € par mois aux cotisations patronales. Le poste coûte environ 3 120 € au lieu des 3 550 € qu’indiquerait un taux patronal plein. Le calcul du salaire brut en net affiche cette ligne pour chaque niveau de brut, à côté du net et du net imposable.
Une précision sur le passage à 3 SMIC
Les paramètres publiés produisent un effet de seuil : le coefficient vaut encore 2 % juste en dessous de 3 SMIC, puisque Tmin est un terme additif, et tombe à zéro au-dessus. Nous appliquons la formule telle qu’elle est publiée, avec l’arrondi du coefficient à quatre décimales que retient l’administration dans ses propres exemples chiffrés. Pour une rémunération très proche de 5 469 € par mois, faites confirmer le montant par votre expert-comptable plutôt que par un simulateur : c’est le seul point de la plage où un doute subsiste.
Vérifiez sur votre situation
Sources officielles
- entreprendre.service-public.gouv.fr — Réduction générale dégressive unique (F24542)
- entreprendre.service-public.gouv.fr — Réduction générale : quels changements au 1er janvier 2026 ? (A18448)
- entreprendre.service-public.gouv.fr — Quel SMIC retenu pour la RGDU 2026 ? (A18966)
- service-public.gouv.fr — Cotisations salariales d’un salarié du secteur privé (F2302)
Les autres actualités
- Droits de mutation majorés jusqu’au 31 mars 2028
- Micro-BIC 2026 : plafond porté à 83 600 € pour le meublé
- Décote 2026 : 1 982 € pour une personne seule, 3 277 € à deux
- SMIC au 1er juin 2026 : 12,31 € de l’heure, 1 867,02 € brut
- CSG à 10,6 % : les revenus du capital taxés à 18,6 %
- Réforme des retraites suspendue : les âges par génération