Comment passe-t-on du TJM au salaire net en portage ?
En portage salarial, vous négociez vos missions comme un indépendant, mais c’est la société de portage qui facture le client, encaisse le chiffre d’affaires et vous verse un salaire. Entre les deux, elle prélève ses frais de gestion et l’ensemble des cotisations d’un salarié cadre. Le simulateur suit cette chaîne poste par poste : 45 % de charges patronales estimées, et des cotisations salariales calculées par tranches par le moteur du calcul brut en net — un salarié porté dépasse presque toujours le plafond de la Sécurité sociale, et c’est justement là qu’un taux moyen unique se trompe le plus.
Du chiffre d’affaires à la masse salariale
Le chiffre d’affaires HT (TJM × jours facturés) est amputé des frais de gestion, puis des frais professionnels que vous vous faites rembourser : ceux-ci sortent du circuit des cotisations et vous reviennent en totalité, ce qui les rend précieux. Si vous êtes en CDI de portage, une réserve financière de 10 % est mise de côté pour couvrir les périodes sans mission ; elle vous appartient et vous est reversée. Ce qui reste est la masse salariale chargée.
De la masse salariale au net
La masse salariale se répartit entre le salaire brut et les charges patronales : brut = masse / (1 + 45 %). Les cotisations salariales sont ensuite retenues sur ce brut, tranche par tranche, pour donner le net, auquel s’ajoutent les frais remboursés. Le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu intervient après.
Le salaire minimum du salarié porté
La convention collective du portage impose un salaire brut minimum de 70 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale, soit 2 804 € en 2026 (davantage pour les profils seniors et les forfaits jours). Le simulateur vous alerte si votre facturation ne permet pas de l’atteindre : en pratique, le portage exige un TJM d’au moins 250 à 300 € HT.
Portage, micro-entreprise ou SASU : que choisir ?
Trois cadres pour la même activité de conseil, trois logiques différentes.
- Portage salarial : environ 45 à 50 % du chiffre d’affaires en net, mais un statut de salarié complet (assurance chômage, retraite cadre, prévoyance, mutuelle), aucune gestion administrative, des frais professionnels remboursés. Adapté aux missions longues bien payées, aux transitions de carrière et à ceux qui veulent conserver leurs droits au chômage.
- Micro-entreprise : 26 % de cotisations sur le chiffre d’affaires en BNC, pas de charges patronales, mais aucune assurance chômage, une retraite faible, aucun frais déductible et un plafond de 83 600 € par an. Le net dépasse souvent 70 % du chiffre d’affaires. Voir le simulateur de revenu net en micro-entreprise.
- SASU : liberté totale sur la répartition entre salaire et dividendes, charges déductibles, mais une comptabilité et des frais fixes (expert-comptable, dépôt des comptes) et des charges sur le salaire comparables au portage. Rentable au-delà de 80 000 à 100 000 € de chiffre d’affaires annuel, à arbitrer avec le simulateur dividendes ou salaire.
Ce que ce calcul de portage ne prend pas en compte
Les taux de charges sont des moyennes : chaque société de portage applique sa propre convention de prévoyance et de mutuelle, et certaines facturent des frais annexes (assurance responsabilité civile, frais de mise en place, plafond de frais remboursables). Les frais professionnels ne sont exonérés que s’ils sont justifiés et refacturés au client ou couverts par un forfait accepté par l’URSSAF. Les jours non facturés (prospection, congés, intermissions) ne rapportent rien : à TJM égal, 15 jours facturés au lieu de 18 réduisent le net d’un sixième. Le simulateur ne calcule pas l’impôt sur le revenu, qui dépend de votre foyer.
Questions fréquentes
Quel pourcentage du chiffre d’affaires touche-t-on en portage salarial ?
Environ 45 à 52 % en net avant impôt, selon les frais de gestion (5 à 10 %) et le montant des frais professionnels remboursés. Le reste finance les cotisations patronales et salariales d’un cadre, qui ouvrent des droits au chômage, à la retraite et à la prévoyance.
Quel TJM minimum pour le portage salarial ?
Il faut pouvoir verser le salaire minimum conventionnel, 2 804 € brut par mois en 2026. Avec 18 jours facturés et 7 % de frais de gestion, cela suppose un TJM d’environ 250 € HT.
A-t-on droit au chômage après une mission en portage ?
Oui : le salarié porté cotise à l’assurance chômage comme tout salarié. À la fin du contrat (fin de CDD, rupture conventionnelle du CDI), il peut ouvrir ou recharger des droits à l’ARE.
Les frais professionnels sont-ils vraiment intéressants ?
Oui, c’est le principal levier : un euro de frais remboursé revient intégralement, alors qu’un euro de masse salariale ne donne que 52 centimes de net environ. Les frais doivent être justifiés et liés à la mission.
Portage ou micro-entreprise : lequel choisir ?
La micro-entreprise laisse plus de net (souvent 70 % du CA contre 50 %) mais sans chômage, avec une retraite réduite et un plafond de 83 600 €. Le portage se justifie par la protection sociale, la simplicité et l’accès à certains clients grands comptes qui refusent les micro-entrepreneurs.
Sources officielles
- service-public.fr — Portage salarial : fonctionnement, réserve financière et salaire minimum
- service-public.fr — Cotisations et charges sur salaire
- service-public.fr — Plafond mensuel de la Sécurité sociale
Les valeurs utilisées par ce simulateur sont relevées sur ces pages officielles et redatées à chaque vérification ; voir la méthode.
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